Changement des bases de référence

Il ne faut pas oublier le passé.

En français, on parle souvent d'Amnésie écologique, mais l'étude de l'histoire environnementale nous fait reconnaitre l'existence du «changement des bases de référence» (shifting baselines).

Quand on fait place à la nouvelle génération, on oublie souvent que ces gens n'auront pas de référent passés, à moins qu'on ne leur montre.

Les animaux en déclin, les arbres devenant plus petits, tout ça devient normal pour la prochaine génération.

Il ne faut pas oublier le passé abondant qui nous a donné vie.


Une théorie sur son origine

Je vois le phénomène comme une progression linéaire — c'est une logique sur laquelle je commence à réfléchir et développer, donc je m'explique. Prenez cette affirmation publiée dans le jardin digital que vous êtes en train de lire comme une hypothèse. Je n'ai pas tout les termes pour définir tout ça, mais voici ce que je tente d'expliquer :

Ça commencerait au niveau individuel, par un phénomène anodin:

  1. Tout cela partirait à la base de l'ignorance de la descendance.
    • Cela n'est pas un phénomène néfaste en soi, seulement une affirmation et une constatation que la personne descendante d'un ou des parents (terme entendu ici comme personne d'autorité se chargeant de transmettre de savoir à la personne) ne pourra jamais tout connaître ce que ses parents ont vécu.
  2. De là vient le changement de perspective générationnel, vécu à un niveau individuel par rapport au parent.
    • Je propose qu'au cours de son développement jusqu'à l'âge adulte et au-delà, la personne sera portée à adopter une perspective fondamentalement différente de ses parents, basée sur les expériences qu'elle a vécu. On peut extrapoler que cette personne tirera, dans l'exemple de l'écologie, des conclusions sur la normalité d'un habitat qui seront basées sur la santé et la quantité de faune et de flore (aussi, d'habitat) observée.
  3. De là, si assez de gens adoptent une nouvelle perspective, on peut parler de Changement sociétal des bases de références.
    • Dans l'exemple écologique, c'est souvent caractérisé par un nivellement par le bas, suivant la dégradation des écosystèmes. Ce nouveau normal est souvent moins abondant que le dernier.

Ce dernier vient affecter la société, pouvant se manifester dans les actions humaines plus globales.


Citations et autorités en la matière

Daniel Pauly, l'un des grands théoriciens de ce concept, a beaucoup pensé à l'application de ce concept, et à l'acceptation de la dégradation de l'environnement dans la population, même chez les scientifiques.

Pourquoi les gens acceptent-ils cela ? Parce qu'ils ne savent pas que c'était différent. Et en réalité, beaucoup de gens – notamment des scientifiques – contesteront le fait que c'était vraiment différent. Et ils le contesteront parce que les preuves présentées dans le modèle précédent ne correspondent pas à la manière dont ils aimeraient que leurs preuves soient présentées. Par exemple, les anecdotes (..) ne sont pas utilisées parce qu'elles ne sont pas scientifiques.
Note

Lecture du moment : Is A River Alive? par Robert MacFarlane

Quelles solutions pour ramener la base de référence écologique?


La question pour moi demeure, par contre: est-ce que c'est le manque d'éducation qui est à blâmer, le manque de documentation lui-même plutôt, le manque de popularité dans les œuvres d'art, ou est-ce tout simplement inévitable que l'on perdra mémoire de tout ce qui disparaît?